Aujourd'hui je quitte la clinique. J'ai été opérée la veille. Après mon petit déjeuner, on me contrôle la tension, la quantité de sang que j'ai perdu par le drain, et on me donne mes médicaments (anti-inflammatoires, anti-douleur..) et une infirmière vient me faire ma première piqûre. C'est une piqûre contre les phlébites. Je vais rester immobilisée, sans marcher, la jambe allongée, pendant 15 jours. Et l'immobilisation favorise la stagnation du sang et donc la formation d'un caillot dans une veine. Alors pour éviter qu'un caillot se forme, on me fluidifie le sang par ces piqûres. 

Ensuite, l'infirmière me dit qu'un kiné va passer et m'aider à me lever et qu'il sera accompagné de mon chirurgien. Dans le courant de la matinée, ils passent effectivement. Je fais mon premier levé. Je prends mes béquilles et il me dit comment "marcher". A ce stade, j'ai plus envie de parler de déplacement que de marche. Je mets environ 3 minutes pour aller jusqu'à la salle de bain, qui n'est qu'à 2 pas de mon lit..

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Je peux enfin aller me rafraîchir un peu. Une aide soignante vient me proposer son aide pour une douche mais je refuse et lui dis que je me laverai chez moi. J'étais pas très enchantée par l'idée qu'une bonne femme allait me laver pendant que moi je restais clouée sur une chaise. Je me contente donc de me laver le visage, les dents et de me coiffer un peu. Ensuite, une infirmière vient me prévenir qu'on va m'enlever le drain. Elle revient quelques minutes plus tard avec deux autres infirmiers. Ils se pointent tous avec le sourire, alors que moi j'ai la trouille parce que j'ai entendu dire que c'est un très mauvais moment à passer le retrait du drain. Ca ferait super mal. 

Mais je les vois entrer avec une grosse bombonne, un infirmier me dit que c'est de l'oxygène, on va me mettre un masque pour me détendre pendant que l'infirmière retirera le drain. Pourquoi pas, ça me fait un peu flipper sur le coup quand même. En plus, mon père qui était avec moi a du sortir de la chambre pendant ce temps. D'ailleurs, en fait, à chaque fois que j'ai eu des soins, les personnes qui étaient avec moi ont du sortir de la pièce.

Bref, alors, on me pose le masque. Et je les vois tous les trois, en face de moi, tout sourire. Et petit à petit je me sens devenir toute molle. J'ai les bras sur mon ventre et j'ai même pas la force de lever le petit doigt. (Sauf que là c'est pas juste une expression, c'est la vérité.. ahah). Et comme je me sens fatiguée je ferme mes yeux. Là, un des infirmiers me demande de les garder ouverts, car si je fais un malaise alors que j'ai les yeux fermés ils pourront pas s'en apercevoir. C'est pas non plus un effort surhumain et je fais ce qu'il me demande. Je sens rien du tout. Ils m'enlèvent le masque en me disant que c'est finit. J'avais absolument rien senti. Un infirmier, et je me rappelle vachement bien de lui, il était assez grand, brun et plutôt jeune, me dit que c'était le but (que je ne sente rien), tout mes muscles étaient relâchés. Et il me lance comme ça "Alors on plane vraiment? C'est cool ou pas?" Je m'y attendais pas et je souris en lui répondant que oui on plane vraiment. On se sent tout stone. Il me dit "Faut vraiment que j'essaye un de ces quatre!" Il m'aura bien fait marrer lui. C'était sympa, ca détend l'atmosphère. Avant de partir, il me conseille d'attendre 5 ou 10 minutes avant d'essayer de me redresser si je tiens pas à me casser la gueule, le temps que je redescende complètement sur Terre. Et mon papa revient à côté de moi.

Les minutes passées. Je peux enfin m'habiller. Et là c'est mes parents qui m'aident. Ils m'aident à rassembler mes affaires et à préparer mon départ. Je quitte la chambre en saluant les infirmières qui ont été sympa avec moi la veille. Et je mets quelques longues minutes à arriver sur le parking de la clinique. En arrivant dehors je sens que ça me tire dans le genou. Je demande à mon père de s'arrêter. On regarde et je vois du sang sous mon pansement. Là, d'un coup je panique. Et c'est comme si mon cerveau devenait le plus grand scénariste de film dramatique que je connaisse. On remonte à l'étage des hospitalisations, direction le bureau des infirmières. On frappe à la porte. On frappe encore. Au bout d'un certain temps quelqu'un vient nous demander ce qui nous arrive. On les dérangeait pendant leur pause repas j'crois.. Enfin, un sourire et un bonjour auraient été les bienvenus aussi..

Et un infirmier me fait assoir dans la salle, il regarde et il me dit que c'est rien, que c'est normal. C'est parce que je me suis levée et que j'ai "marché". Donc on repart. Dans la voiture c'est galère. Je me mets à l'arrière, la jambe étendue sur la banquette. Et je m'accroche ! On a quand même 3 bons quarts d'heure avant d'arriver à la maison. Mais tout se passe bien.

Quand j'arrive chez moi je suis super contente. Même si je vais pas trop pouvoir bouger, je suis chez moi et bien entourée. :)