Mes opérations, mon expérience.

22 janvier 2013

Attaque plus sérieuse de la rééducation.

Objectif : récupérer la flexion, l'extension, la résistance et la masse musculaire dans sa totalité.

Outils : piscine avec des palmes courtes, table à quadriceps, step, trampoline, vélo, électrodes, et surtout un bon kinésithérapeute!

Séances : 1h30 trois fois par semaine.

Alors je me rendais au cabinet de mon kiné 3 fois par semaines. Tous les lundi, mercredi et vendredi en fin de journée.

Je commençais mon programme par une demi heure de piscine. (C'était mon moment préféré ahah !). Je mettais des palmes à mes pieds, des petites. Et tout en gardant mes jambes tendues je devais les lever et les baisser sans dépasser la surface de l'eau. Pendant que je levais ma jambe gauche je baissais la gauche et vis vers ça. Les palmes créaient une résistance dans l'eau et donc rendait le mouvement plus difficile. Je faisais deux séries comme ça et puis j'alternais avec un autre exercice. Pour celui là, j'étais assise sur un tabouret (toujours dans l'eau), et je devais faire le mouvement qu'on fait sur un vélo pour pédaler, lentement. Dans l'eau le mouvement est beaucoup plus facile. Je pliais donc ma jambe droite autant que je le pouvais. 

Et petit à petit, au fil des semaines, j'arrivais à la plier de plus en plus. J'arrivais à faire de plus en plus facilement le mouvement avec les palmes. Je sentais que je récupérais tout doucement de la masse musculaire et de la flexion.

Ensuite je passais en cabine. Là j'avais une séance d'électrodes. En même temps j'avais un poids d'1kg attaché à la cheville. Je devais soulever ma jambe de la table. Je faisais plusieurs séries, mais il faut systématiquement s'arrêter en cas de douleur et ne surtout pas insister. Pendant la rééducation, c'est important d'aller chercher la douleur mais c'est très important aussi de ne surtout pas la dépasser ! Ensuite, je faisais des exercices avec mon kiné. 

I - J'étais allongée sur le dos, les jambes tendues, et je devais soulever ma jambe (droite, l'opérée) et le kiné mettais sa main au dessus et appuyais, moi je devais résister. J'ai fait plusieurs séries comme ça.

II - J'étais allongée toujours sur le dos, les jambes tendues, et je devais essayer de ramener ma jambe vers moi en la pliant. Exercice très difficile au début, je n'arrivais même à la ramener ne serait-ce qu'un petit peu. Alors c'était le kiné qui me faisait le mouvement et quand j'avais mal je le disais, il ne pliait pas plus.

III - J'étais assise au bord de la table, la jambe tendue je devais la plier en la baissant, le kiné avait sa main juste sous mon mollet pour la retenir car je n'avais pas encore assez de muscles. Et dans cette position, j'arrivais à plier beaucoup plus. Une fois la jambe plier je devais contracter pour la relever, mais je n'y suis parvenue qu'à la 4ème séance. 

Après tous ces petits exercices, souvent, le kiné me massait le genou avec une crème, ca me détendait bien.

Après ça, j'avais des exercices en salle. La salle, je l'appelle comme ça, la pièce où se trouvent les machines de musculation. Et là j'attaquais toujours par la table à quadriceps (allez savoir pourquoi.. Peut-être parce que c'est le truc le plus chiant?), alors je commençais à soulever les petits kilos, 1kg, puis 2kg. Je suis restée longtemps au stade 2kg. Après la table à quadriceps, y a l'élastique. Ca c'est fun ! C'est un élastique accroché à une barre en bois à la hauteur des genoux. Je passais l'élastique derrière ma jambe et je devais la tendre. C'était donc pour travailler l'extension. 

La première semaine, les exercices se limitaient à ça.

Ensuite, d'autres se sont ajoutés.

En piscine, j'arrivais à plier ma jambe presque à 90° alors qu'une fois les deux pieds sur Terre je galérais toujours.. Dans l'eau, je devais alors m'accrocher à une barre (au bord de la piscine) et me baisser en pliant mes jambes. Comme on fait quand on s'accroupie. Toujours en respectant le seuil de la douleur. 

En salle, je devais me mettre au vélo. En ayant la selle très haute pour ne pas avoir à beaucoup plier la jambe. Et plus, ma flexion s'améliorait et plus je pouvais baisser la selle. A la fin de la troisième semaine de rééducation, j'avais presque récupéré la totalité de ma flexion. Mais je n'arrivais pas toujours à plier ma jambe moi même car il me manquait toujours du muscle.

Je devais aussi, sur un petit trampoline, essayer de tenir sur ma jambe droite (en la pliant légèrement). Un exercice d'équilibre, qui m'a en partie redonnée confiance, et m'a enlevé l'appréhension de me tenir sur ma seule jambe opérée.

Et puis, toujours en salle, s'est ajouté le step. La ça faisait un mois que j'avais commencé la rééducation. A ce moment là j'ai lâché mon attelle, et je marchais avec mes béquilles en tachant de bien faire le mouvement de la marche (plier, tendre, plier..). Je commençais à me sentir mieux. Je sentais tous les progrès que j'avais fait et ça me motivait ! Je sentais que j'allais bientôt pouvoir remarcher normalement et puis surtout que j'allais enfin pouvoir lâcher ces béquilles, qui, je l'avoue, m'ont bien été utiles !

 


15 janvier 2013

Ablation des vis à gauche.

Je suis sortie ce midi de la clinique. Hospitalisée avant hier soir, un peu en urgence pour une ablation précoce des 2 vis qui se trouvaient dans mon tibia. En juin 2012, j'ai subi un abaissement et recentrement de la TTA sur le genou gauche. Et donc la pause de 2 vis pour maintenir le tout. Depuis plusieurs semaines j'avais de plus en plus mal, j'avais de plus en plus de mal à monter les escaliers et ces derniers jours je ne pouvais même plus marcher. J'ai eu rdv  avec mon chirurgien et j'ai passé des radios. (Cf: Petit saut dans le temps.)

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D'après mon chirurgien la douleur est due à un rejet des vis, hier, il a ouvert mon tibia sur la cicatrice que j'avais déjà suite à la première opération. Il a tout vérifié, le tendon est bien fixé, la flexion et l'extension sont ok ! Je suis donc hyper soulagée. Je m'en sors avec une dizaine d'agrafes et l'attelle + béquilles pendant 10 jours. Repos mais pas rééducation ! Ca c'est le top ! :) 

J'ai pas du tout souffert ! Il m'a opéré sous anesthésie générale, j'ai eu un peu mal en salle de réveil mais les infirmières m'ont de suite donné un antalgique et la douleur est passé très vite. Je dois rester au repos 10 jours, j'ai la jambe dans l'attelle et je marche avec des béquilles. Cependant je peux appuyer un peu en marchant, la moitié du poids de mon corps. Je ne peux pas prendre de douche, car il faut laisser la plaie cicatriser !

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13 janvier 2013

Deuxième étape : Les débuts de la rééducation.

Le premier jour, la toute première séance de rééducation a été pour moi très démoralisante, et m'a vraiment remuée.

Mon kiné, qui me suivait depuis déjà plusieurs années me connaissait bien, et donc j'étais déjà en totale confiance. Je savais qu'il ferait du bon boulot. C'était déjà ça de moins en stress. Il venait chez moi comme je ne pouvais pas bouger.

J'étais assise sur le canapé, la jambe allongée. Il m'a détaché l'attelle, et après avoir fait quelques commentaires (c'est bien, t'as une jolie cicatrice, pas d'hématomes.. etc) il m'a demandé de soulever ma jambe. Je regardais ma jambe, mais rien ne se passait. Je disais pourtant à mon cerveau de faire le nécessaire pour la soulever mais rien n'y faisait ! Sur le coup j'étais totalement désespérée !! Alors le kiné m'a rassurée et il m'a dit que c'était normal, j'avais perdu énormément de muscle (pour pas dire tout) pendant ces 15 derniers jours. Du coup, il m'a rattaché l'attelle, et il m'a à nouveau demandé de soulever ma jambe. Je contractais de toutes mes forces mais il m'a pourtant fallut dix bonnes tentatives avant d'y parvenir ! Et puis il m'a dit que c'était tout pour aujourd'hui et il est parti. Je venais de faire ma première séance de rééducation post-op, on était le matin. Et toute la journée j'ai cogité. Je me disais "Attends mais tu vas pas rester comme ça ! C'est pas possible, oh mon dieu mais t'arives même pas à soulever ta jambe ! C'est la catastrophe !" Dans l'après-midi j'ai refait l'exercice (avec l'attelle). Je m'entrainais à soulever ma jambe ! Ca me paraissait tellement surréaliste.

Le kiné est venu tous les jours. Petit à petit il me rajoutais des exercices. Par la suite, j'ai du aussi faire un petit mouvement. En fait, j'étais assise, les jambes allongées devant moi, collées l'une à l'autre, et je devais écarter ma jambe opérée (donc vers l'extérieur, vers ma droite). Et j'avais l'attelle pour cet exercice. Et puis j'ai réussi à soulever ma jambe sans l'attelle à la fin de la première semaine ! J'étais hyper soulagée :)

La deuxième semaine, on a commencé la flexion. Je dis on, parce que toute la période de rééducation est un vrai travail d'équipe ! Bien sur, c'est moi, mes muscles qui bossaient, mais toujours grâce au kiné, toujours sous sa surveillance, et avec son aide.

Alors il m'a plié un peu la jambe, pour le coup, là, moi je ne faisais rien (pas encore assez de muscles). Je le regardais ma plier la jambe. Je devais juste dire quand j'avais mal et il n'allait pas plus loin, il pliait jusqu'à la douleur. C'était vraiment agréable comme sensation. Ca faisait 3 semaines que je gardais la jambe tendue, maintenue dans l'attelle, alors là juste la plier sur quelques degrés c'était trop le pied ! :)

Je pratiquais toujours les premiers exercices. J'arrivais à soulever ma jambe de plus en plus haut, et à l'écarter sans l'attelle. A la fin de cette deuxième semaine, j'ai commencé la rééducation au cabinet du kiné. Je pouvais me déplacer beaucoup plus facilement. Toujours  avec les béquilles et l'attelle c'est vrai. Mais je n'avais déjà plus l'appréhension de la cicatrisation.

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12 janvier 2013

Première étape : l'immobilisation.

Je suis partie de la clinique avec pour principale consigne du chirurgien de rester immobilisée 15 jours. J'ai donc une attelle, et des béquilles. Je dois me déplacer le moins possible, je n'appuis pas sur ma jambe quand je "marche". Je reste le plus possible assise, la jambe allongée. Ah oui, et je ne peux pas prendre de douche pendant ces 15 jours.. Parce que je n'ai absolument pas le droit de retirer l'attelle.

Petit dessin que j'ai réalisé avec soins ! :) 

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Ce qui implique pas mal de contraintes dans le quotidien. Bien sur qui dit pas de douche dit galère pour se laver !! Faut s'organiser. Alors je vais vous donner mes petites astuces.

Pour me laver: je prenais deux chaises dans la salle de bain, juste à côté du lavabo et une grande serviette. Je mouillais un gant et y mettais du savont. Je le posais sur le bord. Ensuite je m'asseyais sur une chaise et j'étendais ma jambe en faisant reposer mon pied sur l'autre chaise que j'avais placée en face. Ensuite je mettais la grande serviette sur mon attelle pour la protéger de l'eau. Et oui sacrée installation.. :) Comme ca je pouvais me laver le haut du corps. Puis j'étais obligée de me tenir debout, toujours près du lavabo, ou n'importe quoi de solide où m'appuyer. Ne surtout pas se trouver loin des béquilles. Et ne surtout pas se mettre dans une situation où on risque de tomber. Donc j'avais le moyen de me rattraper. Et là j'accrochais la serviette tout autour de mon attelle en coinçant le haut dans l'attelle. Elle était bien protégée de l'eau comme ça. Je pouvais alors me laver l'autre jambe.

Pour me laver le pied droit, je n'étais pas assez souple.. Ahah, j'ai donc du faire appel à la bonne volonté de ma maman ! Et ça a duré 15 jours.

Le plus merdique c'était pour me laver les cheveux. Chez moi c'est une baignoire, dont le rebord est assez bas : Pratique ! :) Je mettais une chaise donc contre la baignoire avec le dossier sur ma droite et je m'asseyais dessus et je mettais l'autre toujours en face pour reposer ma jambe immobilisée. Je pouvais me tenir au dossier de ma chaise, et je me penchais en arrière pour me laver les cheveux. Je devais bien mettre 20 minutes pour me les laver! C'était vraiment galère et ça fait travailler les abdos ! (Oui, oui, c'est un vrai sport !)

Mais rester immobilisée, ca implique aussi d'autres petits trucs. Pour aller aux toilettes, par exemple, c'est tout bête mais quand on ne peut pas plier la jambe ca complique.. Alors, toujours la même astuce, je plaçais une chaise en face pour faire reposer ma jambe. Les chaises en questions, sont des chaises plutôt basses, et pliables ! Ce qui m'a énormément facilité la tâche.

Pour les repas, je prenais la place à droite à table. Pour garder ma jambe à l'extérieur, en repos sur une chaise, encore et toujours.. :)

Et je me déplaçais au minimum, table-canapé-table-toilettes/salle de bain-lit ! Et je me déplaçais toujours à l'aide des béquilles, je ne devais surtout pas m'appuyer sur ma jambe ! C'est très important. Il faut laisser la plaie cicatriser, et la plaque osseuse se fixer un minimum.

Bon je pouvais quand même monter les escaliers mais à petite dose ! Réduire au max. Ma chambre est au 2ème étage de la maison, j'étais donc obligée de prendre les escaliers, mais je le faisais le matin pour descendre et le soir pour monter me coucher. Faut pas trop en faire !

Les premiers jours, j'étais sous anti-douleur, et anti-inflammatoires. Et j'avais encore les piqûres contre la phlébite puisque j'étais immobilisée. Plusieurs fois par jour je mettais une poche de petits pois sur mon genou. Si vous voulez la même c'est simple, vous allez au rayon surgelés de votre supermarché, et vous choisissez les petits pois.. ahah :) C'est pratique parce que ça épouse bien la forme du genou, faut juste faire attention à pas les cuisiner ! :)

Les premiers jours le genou est plutôt chaud parce que les chairs travaillent beaucoup et mettre du froid souvent limite la douleur. Moi, ca me soulageait.

Une infirmière passait tous les jours pour me faire la piqûre, elle surveillait en même temps le pansement. Et l'a changé. La première fois, elle a juste enlever le film étanche, puis en a mis un nouveau. Elle ne pouvait pas toucher plus, car j'avais des strips dessous et la cicatrice étant trop récente, elle ne pouvait pas risquer de les arracher.

Je ne saurai plus dire au bout de combien de jours elle l'a enlevé pour le changer totalement. Mais je me souviens très bien que quand j'ai commencé la kiné je n'avais plus de pansement.

A la fin de cette première période, c'était la fin des piqûres (ouraaaa !), et le début de la rééducation! Je devais toujours garder l'attelle, mais ma cicatrice était à l'air libre. (pas de photo cette fois, à l'époque je ne l'ai pas photographiée..)

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11 janvier 2013

Petit saut dans le temps.

Je fais un bond dans le temps. On est le 11 janvier 2013. Et alors que je me suis faite opérée du genou gauche il y a maintenant 7 mois, je dois retourner sur le billard. C'est particulièrement désagréable.

J'ai mal depuis plusieurs semaines. Très mal. Le 19 décembre, j'ai passé une radio de contrôle, et j'ai eu rdv avec mon chirurgien. 

Voilà le clichet: 

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On peut voir que les vis ressortent beaucoup. On voit aussi que la plaque osseuse est remontée. Et que le tibia est dégradé. En fait la TTA a bougé, et il y a une ostéolyse du tibia.

Ostéolyse: processus de destruction du tissu osseux.

J'ai zoomé; on voit mieux encore sur cette image.

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Aujourd'hui j'ai tellement mal que je ne peux presque plus marcher. C'est un vrai calvaire ! Je fais le moins possible de mouvement et d'effort mais c'est pas facile quand il y a tout un quotidien à assurer.. Je me fais opérer lundi, le 14 janvier. Le chirurgien me retire les vis et va regarder ce qui s'est passé, ce qui se passera au retrait des vis.. L'état interne.

J'apréhande énormément cette opération. J'ai très peur qu'à mon réveil, ma jambe soit immobilisée dans l'attelle et parce que le chirurgien aura du tout recommencé. C'est ce qui me fait le plus peur, devoir à nouveau tout affronter. Rester immobilisée. Réapprendre à bouger la jambe. Réapprendre à marcher. Remuscler. Je croise très fort les doigts pour qu'il ai juste à retirer les vis et qu'il ne découvre rien d'anormal; et que la douleur ne vienne que du fait que je ne supporterai plus le matériel (les vis).

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06 janvier 2013

Première radio post-op.

Ca c'est la radio qu'on m'a faite en salle de réveil. 

Les grandes barres verticales que vous pouvez voir, ce sont les tiges métalliques de l'attelle que je portais.

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On voit les vis qui permettent de maintenir la TTA le temps que la greffe prenne. On voit sur l'image de droite, la rotule sur la droite, et un fil qui arrive depuis le haut et qui descend jusqu'à la TTA : c'est le drain.

Et on voit que la plaque n'est pas encore soudée au tibia.

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Post-op : Jour de sortie.

Aujourd'hui je quitte la clinique. J'ai été opérée la veille. Après mon petit déjeuner, on me contrôle la tension, la quantité de sang que j'ai perdu par le drain, et on me donne mes médicaments (anti-inflammatoires, anti-douleur..) et une infirmière vient me faire ma première piqûre. C'est une piqûre contre les phlébites. Je vais rester immobilisée, sans marcher, la jambe allongée, pendant 15 jours. Et l'immobilisation favorise la stagnation du sang et donc la formation d'un caillot dans une veine. Alors pour éviter qu'un caillot se forme, on me fluidifie le sang par ces piqûres. 

Ensuite, l'infirmière me dit qu'un kiné va passer et m'aider à me lever et qu'il sera accompagné de mon chirurgien. Dans le courant de la matinée, ils passent effectivement. Je fais mon premier levé. Je prends mes béquilles et il me dit comment "marcher". A ce stade, j'ai plus envie de parler de déplacement que de marche. Je mets environ 3 minutes pour aller jusqu'à la salle de bain, qui n'est qu'à 2 pas de mon lit..

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Je peux enfin aller me rafraîchir un peu. Une aide soignante vient me proposer son aide pour une douche mais je refuse et lui dis que je me laverai chez moi. J'étais pas très enchantée par l'idée qu'une bonne femme allait me laver pendant que moi je restais clouée sur une chaise. Je me contente donc de me laver le visage, les dents et de me coiffer un peu. Ensuite, une infirmière vient me prévenir qu'on va m'enlever le drain. Elle revient quelques minutes plus tard avec deux autres infirmiers. Ils se pointent tous avec le sourire, alors que moi j'ai la trouille parce que j'ai entendu dire que c'est un très mauvais moment à passer le retrait du drain. Ca ferait super mal. 

Mais je les vois entrer avec une grosse bombonne, un infirmier me dit que c'est de l'oxygène, on va me mettre un masque pour me détendre pendant que l'infirmière retirera le drain. Pourquoi pas, ça me fait un peu flipper sur le coup quand même. En plus, mon père qui était avec moi a du sortir de la chambre pendant ce temps. D'ailleurs, en fait, à chaque fois que j'ai eu des soins, les personnes qui étaient avec moi ont du sortir de la pièce.

Bref, alors, on me pose le masque. Et je les vois tous les trois, en face de moi, tout sourire. Et petit à petit je me sens devenir toute molle. J'ai les bras sur mon ventre et j'ai même pas la force de lever le petit doigt. (Sauf que là c'est pas juste une expression, c'est la vérité.. ahah). Et comme je me sens fatiguée je ferme mes yeux. Là, un des infirmiers me demande de les garder ouverts, car si je fais un malaise alors que j'ai les yeux fermés ils pourront pas s'en apercevoir. C'est pas non plus un effort surhumain et je fais ce qu'il me demande. Je sens rien du tout. Ils m'enlèvent le masque en me disant que c'est finit. J'avais absolument rien senti. Un infirmier, et je me rappelle vachement bien de lui, il était assez grand, brun et plutôt jeune, me dit que c'était le but (que je ne sente rien), tout mes muscles étaient relâchés. Et il me lance comme ça "Alors on plane vraiment? C'est cool ou pas?" Je m'y attendais pas et je souris en lui répondant que oui on plane vraiment. On se sent tout stone. Il me dit "Faut vraiment que j'essaye un de ces quatre!" Il m'aura bien fait marrer lui. C'était sympa, ca détend l'atmosphère. Avant de partir, il me conseille d'attendre 5 ou 10 minutes avant d'essayer de me redresser si je tiens pas à me casser la gueule, le temps que je redescende complètement sur Terre. Et mon papa revient à côté de moi.

Les minutes passées. Je peux enfin m'habiller. Et là c'est mes parents qui m'aident. Ils m'aident à rassembler mes affaires et à préparer mon départ. Je quitte la chambre en saluant les infirmières qui ont été sympa avec moi la veille. Et je mets quelques longues minutes à arriver sur le parking de la clinique. En arrivant dehors je sens que ça me tire dans le genou. Je demande à mon père de s'arrêter. On regarde et je vois du sang sous mon pansement. Là, d'un coup je panique. Et c'est comme si mon cerveau devenait le plus grand scénariste de film dramatique que je connaisse. On remonte à l'étage des hospitalisations, direction le bureau des infirmières. On frappe à la porte. On frappe encore. Au bout d'un certain temps quelqu'un vient nous demander ce qui nous arrive. On les dérangeait pendant leur pause repas j'crois.. Enfin, un sourire et un bonjour auraient été les bienvenus aussi..

Et un infirmier me fait assoir dans la salle, il regarde et il me dit que c'est rien, que c'est normal. C'est parce que je me suis levée et que j'ai "marché". Donc on repart. Dans la voiture c'est galère. Je me mets à l'arrière, la jambe étendue sur la banquette. Et je m'accroche ! On a quand même 3 bons quarts d'heure avant d'arriver à la maison. Mais tout se passe bien.

Quand j'arrive chez moi je suis super contente. Même si je vais pas trop pouvoir bouger, je suis chez moi et bien entourée. :)

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05 janvier 2013

Post-op : La première nuit.

Je m'endors assez tôt parce que je suis crevée. Je suis sous morphine. Et puis de toute façon j'me fais chier.. Ahah :)

Et puis vers 22h une infirmière ouvre la porte, entre dans la chambre et allume la lumière. Elle me dit "Je viens contrôler", avec le sourire.. P'tin sur le coup j'ai envie de l'envoyer chier, je dormais et elle me fou la lumière en pleine tronche ! Merde quoi.. Elle me prend la tension, regarde combien j'ai perdu de sang via mon drain en notant les mL, elle me demande si j'ai mal et je répond que non, et puis (toujours avec le sourire) elle s'en va et me souhaite bonne nuit.

Ca c'est le drain que j'ai eu dans le genou et qui permet de.. Drainer ! Ahah :) Ca réduit le risque d'hématome après l'opération. Moi j'en ai pas eu du tout grâce à ça ! :)

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Voilà donc maintenant je me retrouve comme une con, réveillée, toute seule, coincée dans mon lit. [Fiesta] Mais en fait non, je galère à me rendormir, et je sais pas très bien quelle heure il doit être quand j'y parviens. Mais je sais qu'il est 2h du matin quand une infirmière ouvre la porte. Et même sketch: lumière, et tout le tralala.. Quand elle s'en va j'ai même pas le temps de raller dans ma tête qu'une aide soignante entre à son tour. Elle me demande si j'ai besoin d'aller aux toilettes et je lui réponds que non. En vérité j'avais énormément envie de pisser mais l'expérience du soir m'avait suffi. Elle me masse le talon avec une crème (je sais pas laquelle), et c'est hyper agréable. J'ai la jambe allongé depuis le matin sans pouvoir la bouger, alors là juste le fait de la soulever un peu, ça m'a vachement soulagé le talon. Et puis elle part et je me rendors.

Je me souviens pas avoir été réveillée par la suite. Le matin, par contre, à 6h : BONJOUR !! Une aide soignante se pointe, m'ouvre le store, et me dis que je vais bientôt pouvoir prendre mon petit déjeuner. 

Décidément, les nuits sont courtes et les journées sont longues ici. Heureusement que je sors aujourd'hui :)

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Jour J : La fin de journée.

Je venais de remonter dans ma chambre, on était donc en fin d'après-midi. J'ai eu droit à une collation. Ce qui veut dire que j'ai bu et mangé..

Une aide soignante qui vient récupérer mon plateau me dit que je dois la prévenir si j'ai besoin "d'aller" aux toilettes. Ouais, j'avais tendance à oublier que quelques heures avant j'étais dans le bloc sous anesthésie générale.. Et c'est vrai, que spontanément, je me suis pas dit qu'il allait falloir demander l'autorisation de pisser.

En fait j'avais juste pas le droit de me lever. Mais comment aller aux toilettes sans aller aux toilettes? Bah dans le milieu médical tout est prévu. Et y avait une solution. Pas négociable.

Personnellement, j'ai vécu ce moment comme une torture. Une humiliation. Inutile d'en dire plus. Fallait prévoir le coup. Je sais pas si c'était le fait que moi je l'avais pas prévu dans ma p'tite tête ou si c'était juste le fait de dépendre de quelqu'un pour faire un truc aussi intime; mais j'en garde un très mauvais souvenir.

Après ça, mes parents et ma p'tite soeur revienne dans la chambre, ah oui parce qu'ils avaient du sortir.

Mon chirurgien passe voir comment je me sens, me demande si j'ai mal, me chatouille le pied pour vérifier ma sensibilité. Tout semble Ok, et j'ai pas plus mal que ça.

Sur ce, mon plateau repas du soir arrive. Il doit être 18h, on mange super tôt dans les cliniques et les hôpitaux. Et à 19h les visites se terminent.. Moment plutôt difficile, je dois dire au revoir à ma famille, et je me retrouve toute seule dans ma chambre. Je suis clouée au lit, je sais pertinemment que c'est provisoire, l'histoire de quelques semaines tout au plus. Je pense à toutes les personnes qui suite à un accident se retrouve clouées au lit, elles aussi, mais je pense surtout à celles qui ne sortiront jamais de leur lit, ou qui, au mieux finiront leur vie dans un fauteuil. Je me dis que moi j'ai pas le droit de me plaindre. Que cette opération c'est que du positif pour moi. Mais c'est le soir, je suis toute seule dans ma chambre. Clouée au lit. Et c'est comme si d'un coup mon moral s'était fait la malle. Un seul remède pour moi: j'écoute la musique sur mon Ipod et je prends un bon bouquin.

Toute façon, une infirmière passe me donner des médicaments, calmant, anti-douleurs. Tout y est et je vais passer une bonne nuit.

 

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Jour J : Le réveil.

Ca y est l'opération est terminée. Je suis toujours dans mon lit, en salle de réveil.

Je me réveille tout doucement, tout se passe bien. La première chose que je fais c'est de regarder l'heure et puis je soulève discrètement ma couverture pour regarder ma jambe. Mais je ne vois rien. Juste une attelle qui commence au niveau de ma cuisse et qui se termine au dessus de ma cheville. Et puis je sens de l'air froid dans mon nez, et je vois des petits tuyaux qui y entrent. Une infirmière qui me voit ouvrir les yeux vient me voir immédiatement. Elle me dit que c'est normal et que je ne dois pas m'inquiéter. Elle me demande comment je me sens, si j'ai mal.

Je me sens encore très fatiguée, j'essaye de lutter pour rester éveillée, alors je lui réponds que tout va bien. Et je me rendors.

Quand je me réveille à nouveau, une autre infirmière vient me voir. Et là j'ai mal, très mal même, dans toute ma jambe. Je lui dis et elle m'injecte de la morphine dans ma perfusion. Ca me soulage presque aussi tôt. 

Et puis là, je regarde autour de moi, les gens qui dorment encore, d'autres qui se réveillent, j'observe leur réaction. Pour certains c'est plutôt drôle en fait. Y avait une dame assez âgée à ma gauche qui disait à une infirmière "aller calmez moi tout ca et ramenez moi chez moi je dois sortir mon chien".

Je sais pas de quoi elle s'est faite opérée mais je savais qu'elle sortirait pas son chien de si tôt.. :)

De temps en temps j'entends des machines bipper au dessus de ma tête, une infirmière vient contrôler. Tout est ok. Je lui demande quand est-ce que je vais pouvoir remonter dans ma chambre et elle me dis que ça ne devrait pas tarder puisque je suis bien réveillée.

Une demi heure plus tard, un brancardier me ramène dans ma chambre. Je regarde l'heure avant de partir : 15h30.

Arrivée dans ma chambre, mes parents m'attendent, ils se précipitent pour savoir si tout s'est bien passé, si j'ai mal, comment je me sens, si je suis fatiguée.. Comme un papa et une maman quoi .. :)

Je suis un peu KO, normal, va falloir évacuer l'anesthésiant, mais je me sens bien. Pas trop vaseuse. Alors je raconte ma petite aventure. Je suis bien entourée et c'est super parce que ca m'évite de penser négatif, de douter, de me poser trop de questions sur ce qui va se passer après. Ma petite soeur est là aussi. On parle, on parle, on parle. Et puis on m'apporte une collation, vachement appréciable parce que je commence à avoir faim et surtout soif. On est en plein été et j'ai pas bu depuis la veille.

 

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Posté par Monope_genou à 14:42 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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